Intelligence

Les bonnes habitudes pour développer votre intelligence émotionnelle

Zymarl A. Fernandez
By Zymarl A. Fernandez, Master en psychologie (MPsy), psychométricienne agréée
Published 27 juin 2024
Exemples d’activités qui améliorent l’intelligence émotionnelle

Illustration : © Cognitivus

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En 1990, Peter Salovey et John Mayer ont proposé un concept qui a profondément changé notre regard sur les relations humaines : l’intelligence émotionnelle. 

Ils définissaient l’intelligence émotionnelle comme la capacité à repérer, comprendre et gérer ses propres émotions et celles des autres pour faire de meilleurs choix et orienter sa vie dans une direction positive. 

Ce concept est au cœur de votre façon de nouer des liens, d’exprimer vos pensées et de surmonter les difficultés que la vie vous réserve.

L’intelligence émotionnelle est au cœur de tout ce que vous vivez. Elle intervient dans chacune de vos conversations, chacune de vos décisions et chacune des relations que vous construisez. À la maison comme au travail, son influence est considérable.

Les travaux de Salovey et Mayer montrent à quel point l’intelligence émotionnelle est essentielle pour mieux se comprendre, enrichir ses relations et avancer dans la vie.

Certaines habitudes peuvent vraiment faire progresser votre intelligence émotionnelle, aussi appelée quotient émotionnel ou QE. En les intégrant à votre quotidien, vous pouvez développer votre aisance face aux émotions. Découvrons-les ensemble.

La conscience de soi 

Comprendre les effets de vos actions sur vous-même et sur votre entourage est une compétence essentielle. C’est tout l’enjeu de la conscience de soi, une composante clé de l’intelligence émotionnelle. 

Les recherches de la docteure Tasha Eurich soulignent la complexité de la conscience de soi : elle ne se limite pas à l’introspection, mais implique aussi de se voir à travers le regard des autres.

La docteure Eurich distingue deux composantes essentielles de la conscience de soi : une composante interne, qui consiste à reconnaître ses propres émotions, et une composante externe, qui consiste à comprendre la façon dont les autres nous perçoivent.

Trouver un équilibre entre l’image que vous avez de vous-même et celle que les autres ont de vous peut sembler simple. En réalité, cet équilibre est rare et joue un rôle majeur dans la réussite personnelle et les relations.

Exemple
Prenons le cas d’Alex, responsable d’un projet particulièrement stressant. Au départ, Alex met l’équipe sous pression pour respecter des délais serrés, avec la conviction que c’est le meilleur moyen de réussir. Mais l’équipe finit par se sentir dépassée et le moral baisse. Face à la nécessité de changer d’approche, Alex prend du recul sur sa propre anxiété liée aux délais et décide de demander à l’équipe son avis sur ses méthodes de management.

En découvrant que l’équipe ressent trop de pression et de stress, Alex fixe des délais plus réalistes et encourage chacun à s’exprimer librement. Ce changement repose sur un équilibre entre conscience de soi interne (reconnaître sa propre anxiété) et externe (comprendre la perception de l’équipe). Alex adopte ainsi une posture de responsable plus empathique. Le moral et la productivité de l’équipe s’améliorent, ce qui illustre le rôle important de la conscience de soi dans le management et le travail d’équipe.

La régulation émotionnelle

Nous avons tous une leçon essentielle à retenir : il est important de gérer nos émotions, surtout face au stress et aux difficultés. Pourquoi ? Parce que cela évite de laisser des émotions passagères dicter nos décisions.

Pour mieux réguler vos émotions, commencez par repérer précisément ce qui déclenche vos réactions intenses dans les situations difficiles. Comprendre ces déclencheurs, c’est disposer de repères pour vous orienter dans vos émotions. Vous vous donnez ainsi le temps de choisir votre réponse plutôt que de réagir sous le coup de l’impulsion.

Des stratégies simples peuvent être très efficaces pour gérer le stress. Prendre un instant pour respirer profondément, sortir marcher quelques minutes ou discuter avec un collègue peut vous offrir la pause nécessaire pour aborder la situation avec plus de clarté et de sérénité.

Changer de regard sur les erreurs peut aussi faire une grande différence. Les voir comme des occasions d’apprendre plutôt que comme des échecs transforme les moments difficiles en occasions de progresser, sur le plan personnel comme professionnel. Cette capacité de résilience se mesure à l’aide du quotient d’adversité.

Exemple
Mary s’est vu imposer un délai imprévu au travail, ce qui a provoqué chez elle du stress et de la frustration. Au lieu de paniquer, Jamie a repéré ce qui avait déclenché cette réaction et est sortie marcher quelques minutes pour se changer les idées. Cette pause a aidé Mary à aborder la tâche avec plus de calme et de méthode.

Lorsqu’un contretemps est survenu plus tard, Mary y a vu une occasion d’apprendre plutôt qu’un échec. Elle a analysé son erreur pour éviter que le problème ne se reproduise. Son exemple montre comment repérer ses déclencheurs émotionnels, faire des pauses et changer de regard sur ses erreurs peut aider à mieux réguler ses émotions et à transformer les difficultés en occasions de progresser.

Cette approche vous aide non seulement à traverser les moments difficiles, mais aussi à affronter les défis à venir avec plus de recul et moins d’angoisse.

L’écoute active 

L’art de l’écoute active est une composante fondamentale de l’intelligence émotionnelle. Cette compétence va bien au-delà du simple fait d’entendre les mots de l’autre. Elle demande de prêter réellement attention à la personne qui les prononce, de comprendre son point de vue, ses émotions et les messages qu’elle transmet sans les exprimer directement. 

Quand vous écoutez pour comprendre plutôt que d’attendre simplement votre tour de parler, vous ouvrez la voie à un lien sincère et au respect mutuel. Cette approche peut transformer les relations et créer un climat propice à la compréhension et à l’empathie.

N’oublions pas que l’écoute active consiste aussi à prêter attention aux signaux non verbaux : le langage corporel, le ton de la voix et tous ces indices subtils qui en disent bien plus que les mots seuls. Cette qualité de présence montre que vous accordez de l’importance non seulement au message, mais aussi à la personne qui vous le confie.

Exemple
Au déjeuner, vous retrouvez un ami visiblement affecté par le rejet récent de sa candidature à un poste. Au lieu de lui proposer tout de suite des solutions ou de raconter une expérience similaire que vous avez vécue, vous lui accordez toute votre attention. Vous remarquez la frustration dans sa voix, la déception dans son regard et sa posture affaissée, comme s’il baissait les bras. Pendant qu’il parle, vous hochez la tête pour montrer que vous comprenez. Aux moments opportuns, vous glissez un « Je vois » ou un « Ça a l’air vraiment difficile », et vous le regardez dans les yeux pour lui montrer que vous êtes à l’écoute.

Une fois qu’il a fini de se confier, vous reformulez ses propos avec douceur : « J’ai l’impression que vous avez consacré beaucoup d’efforts à cette candidature et que c’est vraiment décourageant de voir qu’elle n’aboutit pas. » Vous vous assurez ainsi d’avoir bien compris ce qu’il ressent et la situation qu’il traverse. C’est cela, l’écoute active : vous accordez de l’importance non seulement à ce que votre ami vous dit, mais aussi à ses émotions, en lui offrant le respect et l’empathie dont il a besoin à cet instant.

D’après mon expérience, il est essentiel de distinguer les émotions des faits. Vos émotions sont légitimes, mais elles peuvent parfois brouiller votre jugement. Vous risquez alors de prendre des décisions en fonction de ce que vous ressentez plutôt que de ce que la situation exige objectivement. Faire cette distinction aide à limiter les biais émotionnels, pour prendre des décisions justes et fondées sur les faits. C’est cet équilibre entre la compréhension des émotions et l’analyse objective qui fait de l’écoute active un pilier de l’intelligence émotionnelle.

Construire des relations solides

La capacité à nouer et à entretenir des relations solides est un signe courant d’intelligence émotionnelle élevée. Pour construire de telles relations, il faut tisser des liens plus profonds, au-delà des échanges superficiels.

C’est là que la compréhension et l’empathie entrent en jeu.

Comprendre les autres, c’est essayer de voir la situation de leur point de vue, de ressentir ce qu’ils ressentent et de vraiment saisir ce qui les anime. C’est presque un art. Cette compréhension profonde fait durer les relations et aide à apaiser les conflits lorsqu’ils surviennent.

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Comprendre le point de vue des autres peut vous aider à nouer des relations plus solides / Illustration par © Cognitivus

L’empathie, une composante essentielle de l’intelligence émotionnelle, enrichit vos échanges et donne plus de sens aux moments passés ensemble. Elle ne consiste pas simplement à hocher la tête quand une personne se confie. Elle demande de s’impliquer, de se mettre vraiment à son écoute et de réagir à ce qu’elle traverse. Après l’écoute, l’étape suivante consiste à mobiliser vos compétences relationnelles, qui permettent de construire des relations plus solides, fondées sur l’empathie.

Exemple
Imaginez que vous assistez à une réunion de quartier où de récentes décisions publiques suscitent de vives tensions. Plutôt que d’envenimer le débat, vous misez sur votre capacité à créer du lien. Vous écoutez attentivement un commerçant du quartier qui s’inquiète des conséquences de ces changements sur son activité. Vous lui montrez que vous êtes à l’écoute en reformulant ses préoccupations : « J’ai l’impression que ces changements vous inquiètent beaucoup. »

Vous utilisez ensuite vos compétences relationnelles pour que l’échange reste respectueux et constructif. Vous posez des questions pour mieux comprendre et invitez les autres à partager leur point de vue, tout en maintenant une ambiance calme où chacun a sa place.

Cette approche apaise les tensions, favorise la compréhension mutuelle et renforce la solidarité dans le quartier. Elle montre combien l’empathie et le respect contribuent à construire des relations solides.

Chercher à progresser

Chercher à progresser, c’est voir chaque discussion, chaque obstacle et chaque difficulté comme une occasion de s’améliorer et de mieux comprendre.

Si vous êtes déjà à l’écoute de vos émotions, progresser n’est pas simplement un objectif : cela définit votre démarche. Vous trouvez des moyens de faire de vos gestes quotidiens autant de petits pas vers la personne que vous souhaitez devenir. Avec cet état d’esprit, même les instants les plus anodins deviennent des occasions d’apprendre et de vous renforcer.

L’une des étapes les plus difficiles, mais aussi les plus enrichissantes de ce parcours, consiste à apprendre à faire face aux critiques. Plutôt que de vous mettre sur la défensive, essayez de voir comment une écoute ouverte peut transformer les critiques en pistes de progrès. Il s’agit de faire le tri dans les remarques, d’en retenir ce qui est utile et de vous en servir pour évoluer. Accepter la critique témoigne d’une grande force, de ténacité et d’une réelle volonté de donner le meilleur de vous-même.

Les personnes dotées d’une grande intelligence émotionnelle ne perdent jamais leur curiosité. Elles ont toujours envie d’en savoir plus et de progresser, que ce soit en découvrant les dernières parutions, en participant à des ateliers qui invitent à réfléchir ou en demandant conseil à des mentors.

Exemple
Jane, cheffe de projet, a reçu des critiques d’un client sur la conception du logiciel réalisé par son équipe. Au lieu de se mettre sur la défensive, elle y a vu une occasion d’apprendre. Elle a organisé un échange avec le client, pris soigneusement note de ses préoccupations, puis en a discuté avec son équipe.

En s’appuyant sur ces remarques de manière constructive, Jane et son équipe ont amélioré l’interface et les performances du logiciel. Cette nouvelle version a été bien accueillie et a renforcé la satisfaction du client, tout en illustrant la volonté de Jane de progresser et de développer son intelligence émotionnelle.

Cette démarche a montré la capacité de Jane à faire de la critique un levier de développement personnel et professionnel. Voilà comment un état d’esprit tourné vers la progression peut transformer les difficultés en occasions de s’améliorer, tout en renforçant votre quotient d’adversité.

Au fond, progresser grâce à l’intelligence émotionnelle, c’est apprendre de la vie en permanence. C’est accueillir chaque expérience comme une leçon pour apprendre, évoluer et vous épanouir dans tout ce que vous faites.

La pleine conscience

La pleine conscience, c’est vivre l’instant présent. Cette approche simple, mais puissante, consiste à prêter attention au moment présent, sans juger vos pensées ni vos ressentis. Elle vous permet d’observer vos pensées et vos émotions au fil de leur apparition, pour mieux les percevoir à mesure qu’elles vont et viennent.

La pleine conscience et une intelligence émotionnelle développée sont étroitement liées. En effet, des recherches montrent que la pratique de la pleine conscience améliore l’intelligence émotionnelle. 

La pleine conscience ne se limite pas à méditer ou à rester assis au calme, même si ces pratiques sont bénéfiques. Elle consiste aussi à vivre pleinement les petits moments du quotidien, par exemple en prenant une grande inspiration avant une réunion ou en prêtant vraiment attention aux saveurs de votre repas.

Exemple
Tom, responsable commercial, se sentait souvent submergé avant les présentations importantes. Pour gérer son stress, il s’est mis à pratiquer la pleine conscience. Avant une réunion décisive avec des clients potentiels, plutôt que de faire les cent pas ou de répéter sans fin, Tom a pris cinq minutes pour respirer profondément. Il s’est concentré uniquement sur sa respiration, en ressentant chaque inspiration et chaque expiration, et a laissé passer ses pensées sans les juger.

Ce simple exercice de pleine conscience l’a aidé à retrouver l’esprit clair et à apaiser son anxiété. Au début de la réunion, Tom se sentait plus présent et plus serein. Sa concentration et son calme ont non seulement rendu sa présentation plus efficace, mais l’ont aussi aidé à mieux percevoir l’ambiance et à s’adapter aux réactions et aux émotions des clients.

Faire une place à ces moments de pleine conscience dans votre quotidien peut vous aider à développer votre intelligence émotionnelle et, peu à peu, à enrichir votre vie de multiples façons.

L’introspection

Alors que la pleine conscience invite à vivre l’instant présent sans jugement, l’introspection propose un autre regard sur soi. Elle consiste à prendre du recul pour réfléchir à vos émotions et à vos actions, afin de mieux comprendre votre fonctionnement intérieur. Il ne s’agit pas de vous juger sévèrement, mais de comprendre en profondeur ce que vous vivez.

L’introspection est aussi essentielle pour prendre du recul sur votre discours intérieur négatif, ces pensées automatiques qui tendent souvent vers le pessimisme et le doute de soi. En examinant régulièrement vos pensées, surtout après des événements chargés d’émotions, vous pouvez commencer à repérer des schémas de pensée irrationnels ou nuisibles. Une fois ces schémas identifiés, vous pouvez travailler consciemment à remplacer ces pensées négatives par des pensées plus positives et constructives, et ainsi renforcer votre résilience émotionnelle.

A woman sitting by a lake reflecting in a mirror, symbolizing self-reflection for emotional growth
L’introspection peut vous aider à mieux gérer vos émotions / Illustration par © Cognitivus

Prenez un moment pour vous poser des questions comme : « À quoi est-ce que je pensais pendant cette conversation difficile ? » ou « Pourquoi cette discussion avec un proche m’a-t-elle fait plaisir ? » Cette introspection peut mettre en lumière des schémas et des réactions émotionnelles que vous n’aviez peut-être pas repérés jusque-là, notamment une tendance à vous parler de façon négative.

Ces prises de conscience peuvent changer beaucoup de choses. Elles vous permettent d’anticiper ce que vous pourriez ressentir ou la façon dont vous pourriez réagir dans de futures situations, et vous aident ainsi à mieux gérer vos réactions. Cette démarche ne vise pas à étouffer vos émotions, mais à les comprendre plus en profondeur, pour trouver un meilleur équilibre émotionnel et mieux maîtriser vos réactions. L’introspection vous aide ainsi à développer votre intelligence émotionnelle.

Exemple
Lisa, responsable d’équipe, ressentait souvent de la frustration lorsque les échanges se tendaient en réunion. En réfléchissant à ses réactions après une réunion particulièrement houleuse, elle a compris l’origine de cette frustration : elle avait le sentiment que ses contributions passaient inaperçues et se répétait que son équipe ne la reconnaissait pas à sa juste valeur. Prendre conscience de ce discours intérieur négatif a été une étape décisive.

Forte de cette prise de conscience, Lisa a décidé de changer d’approche. Lors de la réunion suivante, elle a veillé à exprimer clairement ses idées et à écouter attentivement ses collègues. Elle s’est aussi efforcée de remplacer ses pensées négatives par des affirmations positives sur sa valeur et ses contributions. Elle prenait le temps de reconnaître l’intérêt des suggestions des autres avant de proposer les siennes, ce qui a contribué à créer une ambiance où chacun trouvait sa place.

Ces changements ont non seulement atténué sa frustration, mais aussi amélioré la dynamique de l’équipe et renforcé son estime de soi.

Solliciter des retours

Solliciter des retours, c’est un peu comme se regarder dans un miroir qui révèle des aspects de vous-même que vous ne percevriez peut-être pas sans un regard extérieur.

Même si ce n’est pas toujours agréable, accueillir les retours, qu’ils soient positifs ou non, est essentiel pour progresser sur le plan personnel comme professionnel. C’est aussi l’un des moyens de développer votre intelligence émotionnelle.

Faire des retours une habitude dans vos échanges quotidiens, dans un climat de confiance et de respect mutuels, peut vous aider à avancer. En vous permettant de développer votre intelligence sociale, cette habitude renforce aussi vos relations et les rend plus profondes et plus enrichissantes.

Exemple
Maria et Alex, mariés depuis cinq ans, se disputaient souvent pour des détails. Après une vive dispute au sujet des tâches ménagères, ils ont décidé de se dire ouvertement ce qui les gênait. Alex a expliqué qu’il trouvait parfois le ton de Maria dur, ce qui le mettait sur la défensive. Maria n’en avait pas conscience et a apprécié qu’il le lui dise.

De son côté, Maria a fait remarquer qu’Alex avait tendance à éviter de parler des problèmes jusqu’à ce qu’ils prennent de l’ampleur. Alex l’a reconnu et a accepté de les aborder sans attendre.

Cette nouvelle façon d’échanger les a aidés à mieux communiquer et à renforcer leur confiance et leur respect mutuels. En acceptant de se montrer vulnérables et d’accueillir les critiques constructives, ils ont développé leur intelligence émotionnelle et consolidé leur relation.

Accepter de vous montrer vulnérable est essentiel : reconnaissez que ce n’est pas une faiblesse, mais un véritable levier de développement personnel.

Souplesse

Les personnes qui ont une bonne intelligence émotionnelle savent s’adapter aux changements et faire face à l’incertitude sans paniquer. C’est cela, la souplesse. 

Faire preuve de souplesse, c’est être prêt à modifier vos plans au pied levé et à envisager plusieurs points de vue face à un problème. Cette attitude vous aide à garder votre calme et votre équilibre, même lorsque des difficultés imprévues surviennent. Vous pouvez ainsi prendre des décisions sans vous laisser freiner par la peur de l’inconnu ou par un attachement excessif aux méthodes que vous connaissez déjà.

Exemple
Imaginez que vous deviez faire une présentation importante devant les parties prenantes de votre entreprise. Tout est prêt, mais le matin même, vous découvrez qu’un équipement indispensable à votre présentation ne fonctionne pas. Que faites-vous ?

Plutôt que de céder à la panique, réfléchissez à la façon de vous adapter. Pourriez-vous utiliser un tableau blanc et des feutres pour illustrer vos idées et rendre la présentation plus interactive ? Et si vous expliquiez le problème technique au public avec une touche d’humour pour détendre l’atmosphère ?

En choisissant de revoir vos plans sur le moment et d’aborder la situation avec souplesse, vous sauvez non seulement votre présentation, mais vous donnez aussi une meilleure image de vous.

En abordant l’inconnu avec curiosité plutôt qu’avec peur, vous pouvez améliorer votre humeur au quotidien et mieux guider les autres.

Motivation

La motivation est souvent perçue comme ce qui vous fait sortir du lit le matin, vous aide à traverser les moments difficiles et à rebondir après un échec. Pourtant, elle va au-delà de la simple envie d’agir. Elle est en effet étroitement liée à la conscience de vos émotions, notamment à votre capacité à comprendre les raisons profondes de vos actions. 

En résumé, il s’agit de vous demander : Quelles sont les valeurs qui comptent vraiment pour moi ? Quels sont mes objectifs de vie ? 

Pour garder votre motivation, il est essentiel que vos activités quotidiennes soient en accord avec vos aspirations profondes. Laissez les valeurs qui comptent le plus pour vous vous guider, dans les bons moments comme dans les périodes difficiles.

En vous fixant des objectifs qui correspondent vraiment à vos convictions et à vos ambitions, vous avez plus de chances de surmonter les difficultés et de transformer les obstacles en occasions d’apprendre et de progresser.

Entretenir votre motivation demande un effort continu. Cela implique de faire régulièrement le point sur vos accomplissements, de célébrer toutes vos réussites, petites et grandes, et de garder vos objectifs à long terme en vue.

Exemple
Imaginez que vous occupiez un emploi bien rémunéré, mais qui ne correspond ni à vos passions ni à vos valeurs. Un jour, un ami vous propose de rejoindre une start-up dont l’activité vous intéresse beaucoup plus, mais avec un salaire nettement inférieur. Posez-vous ces questions :

- Dans cette situation, quelles sont les valeurs et les aspirations qui comptent vraiment pour moi ?
- La satisfaction de travailler dans un domaine que j’aime compterait-elle davantage que ma sécurité financière immédiate ?


Réfléchissez à la manière dont cette décision s’inscrit dans vos objectifs de vie. Si votre motivation repose avant tout sur votre épanouissement personnel et la réalisation d’objectifs à long terme, vous pourriez y voir une occasion de réorienter votre carrière pour la rendre plus cohérente avec vos valeurs. Ce choix peut vous apporter davantage de satisfaction au travail et favoriser votre épanouissement personnel, même si les débuts sont difficiles.

Encourager les autres

Qui n’apprécie pas un peu de reconnaissance ? Prendre le temps de souligner les points forts des autres, leur faire des retours constructifs et célébrer leurs réussites peut transformer vos relations, au travail comme dans votre vie personnelle. 

Pour que les échanges personnels et professionnels se passent bien, il est essentiel de cultiver des relations fondées sur le soutien mutuel. Chacun peut ainsi compter sur les autres, se sentir reconnu et donner le meilleur de lui-même. 

Cette habitude a un effet puissant : elle crée un cercle vertueux. Elle favorise le respect et la reconnaissance mutuels, tout en améliorant le climat émotionnel général.

Exemple
Imaginez que vous remarquez les efforts particuliers d’un collègue sur un projet. Au lieu de les laisser passer inaperçus, vous prenez un moment pour les saluer. Vous pouvez aller le voir et lui dire combien vous appréciez son investissement, en soulignant les aspects de son travail qui vous ont marqué.

L’optimisme

Gardez toujours le visage tourné vers le soleil, et les ombres seront derrière vous.
Walt Whitman

Walt Whitman a magnifiquement illustré ce qu’est l’optimisme.

L’optimisme consiste à garder espoir et à voir des possibilités même dans les situations difficiles. Ce regard positif est essentiel pour traverser les hauts et les bas de la vie. Les personnes optimistes cherchent toujours la meilleure issue possible et voient les obstacles comme des occasions d’évoluer. Elles se concentrent sur les solutions, cultivent un discours intérieur positif pour renforcer leur état d’esprit et gèrent efficacement leurs difficultés personnelles.

Smiling person under a colorful umbrella in a storm, representing optimism during challenging times
Les recherches montrent que les personnes optimistes ont tendance à avoir une intelligence émotionnelle plus élevée / Illustration : © Cognitivus

Cette habitude permet aussi de soutenir les autres et de leur redonner de l’élan. L’optimisme se partage ainsi et profite à tous dans les moments difficiles. 

Les recherches confirment l’intérêt de cette habitude pour l’intelligence émotionnelle. Une étude menée auprès de 300 étudiants a révélé une forte corrélation positive entre leur niveau d’optimisme et leur intelligence émotionnelle. Elle conclut que conserver une vision optimiste peut vous aider à développer votre intelligence émotionnelle.

L’attention aux dynamiques sociales

Être attentif aux dynamiques sociales est une autre habitude qui peut améliorer votre intelligence émotionnelle en vous permettant de renforcer vos liens avec les autres. C’est l’une des principales composantes de l’intelligence sociale.

Cette attention va au-delà de l’écoute active, que nous avons abordée plus tôt. Elle suppose une compréhension plus large du contexte et des dynamiques relationnelles. 

Il s’agit de prêter attention aux émotions et aux dynamiques sous-jacentes dans différentes situations sociales, qui peuvent être très éloignées de ce qui se dit à voix haute. Cette sensibilité vous aide à mieux comprendre les situations sociales complexes et à répondre plus justement aux besoins et aux préoccupations des autres, souvent avant même qu’ils ne les expriment clairement.

Exemple
Imaginez que vous participez à une réunion d’équipe. Une collègue semble approuver le plan proposé, mais son attitude suggère le contraire : elle croise les bras, évite les regards et parle d’un ton hésitant. Ces signes subtils vous font comprendre qu’elle a peut-être des objections ou des inquiétudes qu’elle n’exprime pas. Plutôt que de poursuivre sans aborder ces éventuelles difficultés, vous pouvez faire une pause et inviter chacun à poser des questions ou à faire part de ses remarques. Vous montrez ainsi que vous tenez à un véritable accord et que vous êtes sensible à l’ambiance émotionnelle du groupe.

La pratique de la gratitude

Dernière habitude pour développer votre intelligence émotionnelle : faire une place à la gratitude dans votre quotidien. Ce changement de perspective est simple, mais puissant. Au lieu de vous attarder sur ce qui vous manque, vous commencez à apprécier ce que vous avez déjà. Cette pratique consiste à reconnaître ce que chaque instant a de bon et à exprimer votre reconnaissance, pour les grandes réussites comme pour les petites joies.

Repenser aux bons moments de votre journée ou aux choses pour lesquelles vous éprouvez de la gratitude avant de vous coucher peut devenir un rituel apaisant qui améliore votre humeur et votre bien-être général.

Exemple
Prenez quelques instants chaque jour pour noter dans un journal ce qui vous inspire de la gratitude. Vous pourrez ainsi prendre conscience de toutes les expériences positives que la vie vous offre. Lorsque vous exprimez votre reconnaissance aux autres, par un simple « merci » ou un geste bienveillant, vous vous faites du bien tout en renforçant vos liens avec eux.

En cultivant la gratitude, vous découvrirez la beauté des moments ordinaires et l’importance de dire merci, pour les petits plaisirs qui enrichissent votre vie comme pour les grandes étapes qui la transforment.

Sources

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